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ITALIE 43
De
la Tunisie à l’Italie: Pantelleria
L'opération "Corkscrew" (tire bouchon)
Lors de l’élaboration d’Husky,
il apparut que les îles du détroit de Sicile étaient susceptibles de
poser un problème pour la sécurité de
l’opération, en particulier la plus grande, Pantelleria.
Situé entre le Cap Bon et la Sicile, elle pouvait constituer
une grave menace sur la route des convois pour la Sicile, sans parler
de son rôle de "vigie". Son occupation, ainsi que les îles
(plus petites) de Pélagie, était donc nécessaire
avant le déclenchement de l’opération.
La défense anti-aérienne
de l’île de Pantelleria était composée, à
coté d’un grand nombre d’armes légères (20 et
37 mm), d’environ 80 pièces de 76 mm bien protégées.
L’aérodrome, Marghana, était doté d'une installation
souterraine résistant aux bombes de 2 tonnes. L’île, aussi, était truffée d’une centaine de blockhaus dont une
partie était équipés de canon de défense
côtière (120 ou 152 mm). Les 10 000 hommes de la
garnison pouvaient, potentiellement, offrir une résistance
acharnée à une invasion.
Eisenhower, bien renseigné sur
les défenses de l’île grâce aux reconnaissances
photo, décida, en accord avec Spaatz, de la soumettre à
une offensive aérienne massive afin d’éviter une trop
grande absorption des moyens Alliés. Spaatz défini lui-même
l’opération comme "un laboratoire pour
déterminer les effets d’un bombardement massif et prolongé
sur un littoral défendu". Elle prit le nom de
code de "Corkscrew / Tire Bouchon".
Le débarquement fut confié à la 1ère division Canadienne, amenée
à pieds d’œuvre par une trentaines de chalands escortés
par une quinzaine de croiseurs et destroyer, soit une force
relativement modeste. Les Alliés comptaient obtenir une
reddition rapide, peut être même avant tout réel
débarquement, grâce a leur aviation.
Début mai, la RAF Malta et la
NATAF commencent à attaquer les positions de DCA, l’aérodrome
et le port de Pantelleria ainsi que les îles de Pélagie. A partir du 18 mai, la NASAF se joint "à la fête" en lançant ce
jour là 86 B-25 et B-26 escortés par 91 chasseurs P-38 et P-40. Les
attaques de B-25 et B-26 se succèdent jusqu'au 1er juin.
De leur coté, les Allemands ne reste pas inactifs. Les Bf109 du II/JG 27 et du JG 53, basés en Sicile,
interviennent beaucoup entre le 17 mai et le 25 mai tout en perdant
plusieurs chasseurs autour de l’île. Toutefois, leurs interventions
sur l’île cessent à partir 20 mai car, dans le même
temps, de nombreux raid de B-17 et B-24 visent les aérodromes
de la Luftwaffe. Les quadrimoteurs étant l’objectif
principal désigné à la Jagdwaffe, le JG 27 et le
JG 53 se concentrent sur la défense des aérodromes et
des installations en Sicile en délaissant le ciel de
Pantelleria.
Le 21 mai, Saccia est sévèrement
attaqué par une cinquantaine de B17 qui détruisent ou
endommagent 20 des 31 avions du III./JG 53. Entre le 22 et le 29 mai, des raids
importants touchent Cosimo, Trapani, Catania, ainsi que les aérodromes
Sarde. Ces raids sont souvent sans opposition car les chasseurs, avertis trop tard,
ne peuvent ni les intercepter, ni les rattraper. Lorsqu'ils y
arrivent, l’escorte, au minimum en nombre égale aux
bombardiers, mais souvent plus nombreuse, s’interpose.
Le 31 mai, Foggia reçoit
un tapis de bombes. Le II./JG 51 intercepte les bombardiers lors
de leurs retours au large de la Sicile et revendique neuf appareils,
dont trois bombardiers B 17, 5 P 40 et 2 P 38 contre deux pertes.
Pour le mois de mai, la grande majorité
des victoires aériennes allemandes des unités de Sicile
et de Sardaigne concernent des chasseurs, souvent des P 40 et
seulement un quart de bombardiers bi ou quadrimoteurs. C'est une démonstration
de l’efficacité des escortes et de la médiocrité
du système d’alerte et de guidage allemand.
Pendant ce temps, sur Pantelleria, la
pression est montée d’un cran. Le 1er juin, 20
B17 se joignent à l’offensive en bombardant l’aérodrome.
Entre le 1er et le 5 juin, c’est une moyenne de 250
tonnes de bombes qui sont lâchées sur l’île par
des groupes de vingt à trente B17 escortés par des P38
et P40. De plus, les Wellington et Spitfire du NATAF s’attaquent aux
positions défensives de la côte.
Les 5, 6 et 7 juin, les chasseurs du JG 53
effectuent une centaine de sortie sur l’île.Une
vingtaine de victoire, majoritairement des chasseurs, sont
revendiquées. Ces dernières n’empêchent toutefois pas
l’intensification des bombardement, avec
600 tonnes le 7, 700 tonnes le 8 (en plus d’un bombardement naval
des
installation et des docks du port) et 820 tonnes le 9.
Le 10 juin, veille du débarquement,
les vagues de bombardiers se succèdent sans interruption. Tout appareils confondus, 1760
sorties sont effectuées sur l’île
et plus de 1500 t sont lâchées. Une pause de
quelques heures a lieu pour lancer des tracts appelant à la
reddition de la garnison. Le II./JG 27 intervient plusieurs fois dans
la journée, depuis Trapani, mais perdra dix avions et leurs
pilotes pour une dizaine de revendications.
Le 11 juin, la flotte se présente
devant Pantelleria sous un "parapluie" de
chasseurs. Le SchG 2, escorté par le II./JG
51, lance une attaque sur la flotte depuis la Sardaigne sans succès,
mais sans perte. Un peu plus tard dans la journée, le SKG 10 aussi, aidé du JG 53,
attaque la flotte sans succès, n’arrivant même pas à se mettre en position. Aucun des Fw190 ni des Bf109 ne sont perdus mais
plusieurs sont endommagés sévèrement.
A coté de cela, le commandant
Italien de l’île, dont les défense ont pratiquement été
toutes pulvérisées, accepte la reddition
avant même que les barges ne touchent terre. Le seul blessé Canadien de
l’opération "Tire Bouchon" a été
mordu par une mule…
 
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